La musique est le seul élément du film susceptible de reprendre
à tout moment son autonomie, de se replier sur lui-même,
et de se justifier au nom de ses propres lois. Même réduite
par le mixage à une position de "musiques de fond" elle
persiste à revendiquer une vie autonome, dépassant toujours
la fonction localisée qu'on lui attribue. Autrement dit, la musique
de film peut se dévouer complètement à son rôle
tout en gardant une sorte de quant-à-soi irréductible.
Avant le cinéma sonore, l'accompagnement musical d'un film c'était
quelqu'un qui jouait du piano dans une salle obscure et qui, au moyen
de fragments de symphonies de Beethoven ou autres, essayait de faire une
adaptation musicale. Un beau jour, comme l'a dit un certain technicien,
le piano a sauté dans l'écran : le film est devenu sonore,
on a découvert la bande enregistreuse.
Michel Chion, La musique au cinéma:
Le cinéma est cet art par excellence où
toutes les musiques ont droit de cité et où, à l'intérieur
parfois d'une même oeuvre, styles et époques se côtoient
et se télescopent.
Maurice Jarre:
"J'ai été éduqué
musicalement par le TNP, le Théâtre National Populaire français.
Avoir le contact direct avec le public, c'est ce que je cherche dans la
musique de film que j'écris. Autrement dit, je suis un peu anti-intellectuel
dans ce domaine. Il y a toute cette cuisine intérieure et la technique
apprise au conservatoire mais, finalement, ce qui reste, c'est la chance
de trouver une jolie mélodie qui aille au fond du coeur. Et c'est
souvent difficile ! Quand j'ai fait la musique de Jivago, j'ai été
obligé de travailler sur quatre thèmes différents
avant d'y arriver. " |